Le rétablissement économique du Bangladesh nécessite un accord politique, selon l’économiste Ashikur Rahman
Dacca, 17 août 2026 — La reprise économique du Bangladesh n’est plus seulement un problème économique : elle est devenue un enjeu d’organisation politique, affirme l’économiste Ashikur Rahman dans une analyse percutante publiée dans *The Daily Star*. Le pays ne manque pas de propositions de réformes ; il manque d’un écosystème politique capable de les mettre en œuvre. L’économie fait face à trois fractures structurelles qui ne peuvent être résolues par des ajustements politiques seuls.
💰 Fracture 1 : Crise du secteur bancaire
La première fracture structurelle concerne le secteur bancaire. Près d’un tiers des prêts bancaires sont classés comme non performants (NPL), reflétant des années de prêts liés à des intérêts personnels, une supervision insuffisante et une tolérance systématique envers les défauts de paiement. Un système bancaire alourdi par des actifs douteux ne peut pas mobiliser les épargnes, évaluer les risques ou financer les investissements — ce qui freine toute l’économie.
- 📊 ~33 % de ratio NPL — près d’un tiers des prêts bancaires classés comme non performants
- 🔗 Prêts liés à des intérêts personnels — années de prêts accordés à des parties liées
- 📉 Supervision faible — surveillance insuffisante de la *Bangladesh Bank* (BB)
- 🚫 Tolérance envers les défauts — pratique systématique de l’accommodement des non-payeurs
- 💸 Échec de mobilisation — les actifs douteux empêchent la mobilisation des épargnes et le financement des investissements
⚠️ Fracture 2 : Dettes du secteur énergétique
La deuxième fracture concerne l’énergie. Une capacité de production excédentaire, des obligations de paiement pour capacité, une dépendance aux combustibles et des contrats mal conçus ont alourdi le *Bangladesh Power Development Board* (BPDB) et le budget national. Le résultat est un cycle d’arriérés, de subventions et de pressions fiscales renouvelées — sans améliorer pour autant une énergie fiable et abordable pour l’industrie.
- 🏭 Capacité de production excédentaire — surdimensionnée par rapport à la demande
- 💰 Paiements de capacité — versements obligatoires aux producteurs d'énergie indépendamment de l'utilisation
- 🔥 Dépendance aux importations de carburant — les importations de GNL et de charbon pèsent sur les réserves de devises
- ⚖️ Contrats mal conçus — accords d'achat d'électricité défavorables
- 💸 Cycle de subventions — pression fiscale sans amélioration de la fiabilité énergétique
💰 Fracture 3 : Crise des Revenus Publics
La troisième fracture concerne les revenus publics. Le ratio impôts/PIB du Bangladesh est descendu en dessous de sept pour cent, laissant l'État en manque de ressources pour la santé, l'éducation et la protection sociale. Il ne s'agit pas seulement d'un problème de taux d'imposition bas — cela reflète une couverture étroite, des exemptions étendues, une application faible, une intégration numérique limitée et une administration fiscale non réformée.
- 📊 Ratio impôts/PIB inférieur à 7% — l'un des plus bas en Asie
- 📈 — plus de 90 % des unités économiques n'ont pas de numéro d'identification fiscale (TIN)
- 🔄 Exemptions étendues — réduisant la collecte effective des impôts
- 🔍 — capacité limitée pour poursuivre l'évasion fiscale
- 💻 — modernisation de la NBR (National Board of Revenue) toujours incomplète
🔄 L'Effet Cumulé
Ensemble, ces fractures ont enfermé le Bangladesh dans une combinaison d'inflation élevée, d'investissements privés ralentis et d'une croissance faible. Rahman soutient que nous ne pouvons résoudre une crise ancrée dans des bilans bancaires affaiblis, des dettes du secteur énergétique et une incapacité fiscale par des ajustements politiques. La reprise économique exige désormais une réparation structurelle.
- 📈 Inflation élevée — 9,21 % en taux de tête (Q4 )
- 📉 Investissement privé affaibli — crise bancaire entrave l’écoulement du crédit
- 📉 Croissance faible — fractures structurelles tirent le PIB en dessous de son potentiel
- 🔧 Réajustements politiques insuffisants — réparation structurelle nécessaire
📊 L'Agenda de Réforme
Rahman soutient que l’agenda de réforme n’est pas mystérieux. Les étapes nécessaires sont claires :
- 🏦 Banques : Évaluations de la qualité des actifs, résolution, recapitalisation — accompagnées de récupération des prêts et d’une gouvernance renforcée
- ⚠️ Énergie : Revue transparente des contrats d’électricité et des obligations de capacité — renégociation des termes défavorables
- 💰 Fiscalité : Élargissement de l’assiette fiscale, suppression des exemptions, intégration numérique — modernisation et renforcement de l’application de la NBR
📜 L'Argument de l'Accord Politique
L’argument central de Rahman est que ces réformes nécessitent un soutien politique qui dépasse les ajustements purement technocratiques. Les fractures structurelles sont profondément ancrées dans l’économie politique — les prêts liés impliquent des intérêts puissants, les contrats d’électricité profitent à des investisseurs spécifiques, et les exemptions fiscales servent des constituantes particulières. Résoudre ces problèmes exige :
- 👥 Consensus politique — entre les partis pour des réformes à long terme
- 🏛️ Indépendance institutionnelle — la Banque du Bangladesh (BB), la NBR et la BPDB exemptes d'ingérences politiques
- ⚖️ Cadre juridique — lois renforcées contre le prêt lié et l'évasion fiscale
- 🤝 Engagement de la société civile — pression publique pour la responsabilité
- 🌍 Soutien international — conditionnalités du FMI et de la Banque mondiale comme levier de réforme
🌍 Contexte stratégique : Graduation du PMA et réformes structurelles
Cette analyse intervient alors que le Bangladesh se prépare à sa graduation du statut de PMA en novembre 2026 (potentiellement reportée à novembre 2029). Sans réformes structurelles des secteurs bancaire, énergétique et des recettes, le Bangladesh risque d'entrer dans l'ère post-PMA avec des vulnérabilités économiques fondamentales qui limiteront sa capacité à concurrencer sur les marchés mondiaux sans accès préférentiel. Les trois fractures structurelles — bancaire, énergétique et fiscale — ne sont pas seulement des défis de politique intérieure ; elles déterminent directement la compétitivité à l'export, la confiance des investisseurs et la capacité du pays à financer les infrastructures et le développement des compétences nécessaires pour une économie post-PMA.
Pour la communauté exportatrice du Bangladesh, le message est clair : la voie d'une croissance exportatrice durable passe par les réformes structurelles du secteur bancaire (pour financer le commerce et les investissements), du secteur énergétique (pour alimenter de manière fiable les usines) et du système fiscal (pour financer les investissements publics dans la facilitation du commerce). Sans ces réparations structurelles, aucune mesure de promotion des exportations, négociation d'accords commerciaux ou développement de marchés ne suffira à maintenir la position compétitive du Bangladesh sur le marché mondial.
Cette actualité a été publiée à l'origine par The Daily Star. Pour consulter le rapport original complet, veuillez visiter : https://www.thedailystar.net/business/economy/news/economic-recovery-requires-political-settlement-4250211
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