Les membres du BRICS semblent sous-performants ? Évaluation des résultats du sommet de Delhi en 2026.
Cet article analyse la Déclaration de Delhi de 140 points issue du 18ᵉ sommet du BRICS, évaluant si le poids économique du groupe se traduit par des résultats institutionnels concrets ou reste limité à des déclarations.
📋 Objectifs des BRICS : Cinq Grandes Catégories
Les objectifs des BRICS peuvent être globalement répartis en cinq catégories. Premièrement, l’objectif politique le plus important consiste en la réforme des institutions multilatérales, argumentant que les institutions créées après la Seconde Guerre mondiale ne reflètent plus la distribution actuelle des pouvoirs politiques et économiques. Une attention particulière est accordée à la réforme du FMI, de la Banque mondiale et du Conseil de sécurité des Nations unies pour accorder une représentation accrue aux économies émergentes.
Deuxièmement, l'objectif économique vise à créer des institutions et mécanismes financiers alternatifs — y compris la Nouvelle Banque de Développement (NDB, anciennement Banque BRICS), le Mécanisme de Réserve Contingent (CRA), et la promotion des règlements commerciaux en monnaies locales pour réduire la dépendance au dollar américain. Troisièmement, l'objectif commercial cherche à faciliter le commerce et les investissements intra-BRICS par la réduction des barrières, les accords de facilitation commerciale et la coopération sectorielle.
- 📅 Sommet : 18ᵉ BRICS, Delhi, du 12 au 13 septembre 2026
- 📅 Déclaration : 140 points, 45 pages
- 📊 Membres : 11 pays (étendus depuis les 5 originaux)
- 💰 PIB combiné : ~35 000 milliards de dollars
- 📊 Population combinée : ~la moitié de la population mondiale totale
- 🌍 Part dans le commerce mondial : ~26%
⚠️ Évaluation des Performances : Aspirations vs Résultats
L'évaluation des performances du BRICS doit distinguer les réalisations déclaratives des résultats opérationnels. Sur le plan déclaratif, le BRICS a été très actif — produisant des déclarations sommitales détaillées, établissant des cadres institutionnels (NDB, CRA) et exprimant des positions sur la réforme de la gouvernance mondiale. Sur le plan opérationnel, les résultats restent plus mitigés. La NDB a approuvé des projets, mais à un rythme inférieur à celui de la Banque mondiale ou de l'ADB. Le CRA n'a jamais été activé. Les règlements en monnaies locales restent encore à un stade aspiratoire plutôt qu'opérationnel à une échelle significative.
Le défi fondamental auquel est confronté le BRICS réside dans les structures économiques divergentes, les intérêts stratégiques et les relations de ses membres avec l’ordre mondial existant. La Chine et la Russie ont des incitations plus fortes pour remettre en cause le système dirigé par les États-Unis ; l’Inde, le Brésil et l’Afrique du Sud ont des positions plus nuancées qui équilibrent l’avocacy pour des réformes avec une participation aux institutions existantes. L’expansion à 11 membres — avec l’ajout de l’Égypte, de l’Éthiopie, de l’Iran, de l’Arabie saoudite et des Émirats arabes unis — a accru la portée géographique et économique du groupe, mais aussi sa diversité interne, rendant plus difficile l’obtention d’un consensus sur les questions substantielles.
🌍 Implications pour le Bangladesh
Pour le Bangladesh, la question de la sous-performance du BRICS est d’une pertinence stratégique. En tant que pays en voie de promotion hors de la catégorie des pays les moins avancés (PMA), le Bangladesh bénéficie d’un monde multipolaire où plusieurs centres de pouvoir peuvent offrir des sources alternatives de financement, des partenariats commerciaux et un soutien diplomatique. Si le BRICS parvient à transformer son poids économique en résultats concrets — des prêts significatifs de la NDB (Nouvelle Banque de développement), des règlements commerciaux en monnaie locale, la restauration de la résolution des différends à l’OMC (Organisation mondiale du commerce) —, le groupe offrirait au Bangladesh des alternatives à l’architecture financière dominée par l’Occident.
Cependant, si le BRICS reste principalement déclaratif — produisant des déclarations ambitieuses sans suite opérationnelle —, l’engagement du Bangladesh avec le groupe devrait rester pragmatique plutôt que stratégique. La Déclaration de Delhi, avec ses 140 points, présente des positions complètes sur les questions mondiales, mais les prochains mois révéleront si l’une de ces positions se traduit par des réformes institutionnelles concrètes bénéficiant aux pays en développement comme le Bangladesh.
Le résultat le plus marquant du sommet des BRICS pour le Bangladesh pourrait être le signal diplomatique — à savoir que les économies émergentes les plus importantes du monde plaident collectivement pour un ordre mondial plus représentatif et multipolaire. Que ce signal se traduise par des avantages concrets dépendra de la capacité des BRICS à surmonter leurs contradictions internes et à transformer le consensus déclaratif en résultats opérationnels. En attendant, la question « Les BRICS sous-performent-ils ? » reste ouverte — avec une réponse plutôt orientée vers une affirmation prudente.
Cette actualité a été publiée à l'origine par The Financial Express. Pour consulter le rapport original complet, veuillez visiter : https://thefinancialexpress.com.bd/views/is-brics-underperforming
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