Le Bangladesh prévoit d'importer 365 000 tonnes de fertilisant pour renforcer ses stocks.
Dhaka, le 24 août 2026 — Le gouvernement bangladais s'apprête à importer 365 000 tonnes d'engrais pour constituer des stocks face aux inquiétudes concernant l'approvisionnement en cet élément essentiel pour les cultures, en raison de la guerre américano-israélienne contre l'Iran et de l'interdiction d'exportation de la Chine. Le Comité du Cabinet chargé des achats gouvernementaux (CCGP) a pris cette décision sur la base de propositions des ministères de l'Agriculture et de l'Industrie visant à acheter de l'urée, du phosphate diammonique (DAP), du superphosphate triple (TSP) et du nitrate de potassium (MoP).
La Bangladesh Agricultural Development Corporation (BADC) et la Bangladesh Chemical Industries Corporation (BCIC), deux agences relevant des ministères de l'Agriculture et de l'Industrie, achèteront ces intrants de production agricole, principalement utilisés pour la culture du riz, en provenance d'Arabie saoudite, de Russie, du Maroc, du Canada et de Karnaphuli Fertilizer Company Ltd (KAFCO). Les achats coûteront Tk 2,700 crore, selon le document officiel.
📊 Détails de l'importation
- 💰 Volume total d'importation : 365 000 tonnes
- 💰 Coût : Tk 2,700 crore
- 🧬 Types : Urée, DAP, TSP, MoP
- 🌐 Pays d'origine : Arabie saoudite, Russie, Maroc, Canada, KAFCO (domestique)
- 🏢 Organismes d'achat : BADC et BCIC
- 📅 Arrivée prévue : Mi et fin septembre 2026
- 📊 FY2026-27 besoin total : 5 800 000 tonnes
🌾 Importations précédentes et production nationale actuelle
Cette décision intervient moins d'une semaine après que le comité d'achat de haut niveau a donné son feu vert à l'importation de 115 000 tonnes d'engrais du Canada, de Russie et d'Arabie saoudite afin de reconstituer les stocks et d'assurer la disponibilité pendant les deux principales saisons de riziculture : la saison Aman actuelle et la saison Boro à venir. "Nous prévoyons que les livraisons d'engrais arriveront mi et fin septembre", a déclaré un haut responsable de BCIC.
Trois usines, dont KAFCO, produisent actuellement des engrais au niveau national, et une autre devrait démarrer sa production prochainement, a précisé le responsable. Cependant, avec quatre des cinq usines d'engrais du pays ayant été fermées en raison de la crise du gaz, la production nationale reste sévèrement limitée. Seule l'usine de Ghorashal-Palash continue de fonctionner aux côtés de KAFCO et d'une autre installation, laissant le Bangladesh fortement dépendant des importations pour répondre à ses besoins annuels en engrais de 5 800 000 tonnes.
🔥 Crise du gaz : impact sur la production de fertilisants
Le Bangladesh dépend fortement des importations pour les engrais chimiques, et la production locale est limitée par le détournement du gaz vers la génération d'électricité et d'autres usages industriels. La crise du gaz en cours — causée par les perturbations du FSRU Excelerate à Moheshkhali, les coûts élevés du GNL à $24+/MMBtu (plus du double des taux pré-guerre), et la guerre au Moyen-Orient — a forcé la fermeture de quatre usines de fertilisants qui ne peuvent pas obtenir une approvisionnement suffisant en gaz pour leurs processus de production.
Le FSRU Excelerate à Moheshkhali a subi un incendie le 21 juillet, est resté hors ligne en réduisant de 450 mmcfd l'approvisionnement national, a repris partiellement ses opérations le 6 août, puis s'est à nouveau vu refuser du GNL le 19 août avant de redémarrer le 22 août. L'approvisionnement national en gaz est actuellement à 2 315 mmcfd contre une demande de 2 650 mmcfd, créant un déficit qui affecte toutes les industries dépendantes du gaz, y compris la production de fertilisants, le textile, l'acier, le papier et la céramique.
🌍 Guerre au Moyen-Orient et interdiction d'exportation chinoise
La guerre au Moyen-Orient a suscité des inquiétudes concernant les approvisionnements en fertilisants, car le Bangladesh importe une partie significative de ses engrais de cette région. La guerre a perturbé les transports maritimes par le détroit d'Hormuz et affecté les chaînes d'approvisionnement pour les matières premières énergétiques et les intrants agricoles. De plus, l'interdiction d'exportation chinoise des engrais a encore resserré les approvisionnements mondiaux, forçant le Bangladesh à diversifier ses sources d'importation et à sécuriser des approvisionnements auprès de plusieurs pays.
La décision du gouvernement d'importer des engrais d'Arabie saoudite, de Russie, du Maroc et du Canada reflète une stratégie délibérée de diversification visant à réduire la dépendance à un seul fournisseur ou à une seule région. Cette approche est particulièrement importante étant donné que le conflit au Moyen-Orient ne montre aucun signe de résolution, et que le Bangladesh ne peut pas se permettre de voir son secteur agricole — qui emploie environ 40 % de la main-d'œuvre et contribue à plus de 12 % du PIB — compromis par des perturbations de la chaîne d'approvisionnement hors de son contrôle.
🌾 Contexte du secteur agricole
La décision d'importer des engrais reflète la reconnaissance par le gouvernement que la production agricole ne peut pas être compromise par la crise énergétique. Les engrais sont un intrant essentiel pour la culture du riz au Bangladesh — la principale culture vivrière du pays — ainsi que pour le jute, les légumes et d'autres produits agricoles. Toute perturbation de l'approvisionnement en engrais pourrait entraîner une réduction des rendements des cultures, une hausse des prix des denrées alimentaires et une augmentation de la détresse des agriculteurs, ce qui aggraverait les pressions inflationnistes existantes que le CPD a identifiées comme l'une des principales préoccupations des six premiers mois du gouvernement.
Le ministère de l'Agriculture s'est efforcé de réduire la dépendance aux produits agricoles importés, et le programme de distribution de cartes agricoles est en cours avec 350 000 à 400 000 cartes distribuées chaque mois. L'annulation des prêts agricoles jusqu'à un montant de Tk 10,000 a été identifiée comme une mesure positive par le CPD. Cependant, ces initiatives sont compromises par la contrainte structurelle de la capacité de production nationale d'engrais, paralysée par la crise du gaz.
📊 Contexte stratégique pour l’économie d’exportation du Bangladesh
Pour l’économie d’exportation du Bangladesh, la décision concernant les importations de fertilisants présente plusieurs implications. La sortie de devises de Tk 2,700 crore pour les importations de fertilisants s’ajoute à la pression fiscale croissante liée aux importations de GNL (où chaque chargement coûte désormais ~Tk 1,000 crore), au package de relance Tk 60,000 crore et au déficit commercial global. Avec les réserves brutes atteignant $37.24 milliards et les retours d’argent en hausse ($5+ milliards au cours des premiers 53 jours de FY27), le pays peut actuellement absorber ces coûts — mais la charge fiscale cumulative s’accumule.
La stratégie à moyen terme du gouvernement BNP doit inclure à la fois des mesures immédiates (comme cette importation de fertilisants) pour maintenir la production agricole, et des mesures structurelles visant à restaurer la capacité de production locale. La crise du gaz ayant fermé quatre usines de fertilisants est la même crise qui a interrompu la production chez plus de 100 usines textiles de Narsingdi et forcé Fu-wang Foods à licencier ses employés. Sans résoudre la crise sous-jacente de l’approvisionnement énergétique par l’exploration gazière domestique, les investissements dans les énergies renouvelables (y compris le potentiel de 1 768 MWp de panneaux solaires sur toits identifié par le CPD pour les usines de prêt-à-porter), et la résilience de l’infrastructure du GNL, le Bangladesh continuera à faire face aux coûts en cascade de la dépendance aux importations, allant de l’énergie aux fertilisants à l’alimentation, ce qui pèse collectivement sur la position fiscale et affaiblit la compétitivité de son économie d’exportation. La décision du gouvernement de diversifier les sources d’importation de fertilisants est une réponse pragmatique à la crise immédiate, mais la solution à long terme réside dans la restauration de la capacité de production locale de fertilisants grâce à une approvisionnement énergétique fiable.
Cette actualité a été publiée à l'origine par The Daily Star. Pour consulter le rapport original complet, veuillez visiter : https://www.thedailystar.net/business/news/govt-import-365000-tonnes-fertiliser-shore-stocks-4255811
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